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Golden Globe Race

C’est parti ! L’Italie gagne un sursis

Dans le sillage de Suhaili, Joshua et Gipsy Moth, dix-sept concurrents du Golden Globe 2018 ont emprunté dimanche 1er juillet le chenal des Sables-d’Olonne pour faire un tour du globe à l’ancienne, sans escale et sans électronique. Quant au dix-huitième skipper, l’Italien Francesco Capelletti, il lui reste sept jours pour achever ses préparatifs pour ce très long cours !
  • Publié le : 01/07/2018 - 12:40

t parti ! L’Italie gagne un sursisComme une boule au fond de la gorge pour les derniers adieux à quai.Photo @ Yves Aumont

A quoi ça pense un marin qui part pour 250 à 300 jours de mer en solitaire ? Passées la grande transhumance sur les pontons et les embrassades émues, ça pense à la cérémonie des adieux sur la ligne de départ ? A la grande houle du Pacifique ? A réviser La Navigation par gros temps d’Adlar Coles ? Pas vraiment ! Le temps de la réflexion et de la médiation, ce sera pour plus tard, dans le golfe de Gascogne, entre chien et loup. 

Non. Chacun se demande s’il n’a pas oublié le petit quelque chose qui va s’avérer indispensable. Pour certains, comme Loïc Lepage juste avant le départ, les derniers ajouts furent une quatrième manivelle de winch, une paravane pour pécher le maquereau et un fer à souder. Pour d’autres, comme le Russe Igor Zaretskiy, ce fut une cartouche de cigarettes supplémentaire. Pour d’autres, un peu plus de confiture ou bien de pâte à tartiner !

Et oui ! Sur les océans du monde, le buraliste se fait rare et le 8 à Huit est fermé. Pareil pour le shipchandler qui, malgré la haute saison, sera aux abonnés absents. Pas question non plus de commander une pièce manquante sur catalogue par Internet ! Dans ce tour du monde «old school», les concurrents vont avoir du mal à trouver une connexion. Ils n’ont pas droit à internet. Pas plus qu’au GPS ! 

Pour requinquer la bête

Bref, l’angoisse, c’est d’oublier quoi que ce soit ! Imaginez plutôt, si vous n’arrivez pas à mettre la main sur la moindre boîte d’allumettes et qu’une bonne soupe chaude se révèle être le meilleur remède pour vous remonter le moral, pour requinquer la bête dans les 40es rugissants.

C’est parti ! L’Italie gagne un sursisUn par un, les concurrents quittent les quais, chargés comme des mules pour le long cours.Photo @ Yves Aumont

Toutes ces questions, l’Italien Francesco Capelletti  a encore une semaine pour se les poser. Arrivé tardivement aux Sables-d’Olonne, il a gagné un sursis de quelques jours et doit prendre le large avant le 7 juillet pour rester dans la course. 

Perceuse et bouts en vrac

A vrai dire, côté public et même médias, personne n’avait fait gaffe à cette petite clause qui doit figurer quelque part dans l’avis de course pour autoriser, éventuellement, des départs en retard. Et puis, comme le nom du marin de Pise figurait dans tous les documents promotionnels et que les différents speakers annonçaient sans relâche dix-huit partants, difficile de le laisser à quai. L’italien, d’ailleurs, n’était pas de la traversée vers l’Angleterre pour le jubilé de Knox-Johnston à la mi-juin. Et il n’a pas encore fait les milles nécessaires à sa qualification, mais il s’y attelle. En tous cas, à l’heure où tout le monde défilait sous les vivats des adieux, lui était encore à quai, avec sa perceuse et ses bouts en vrac. 

C’est parti ! L’Italie gagne un sursisL'Italien Francesco Capelleti a obtenu un sursis d'une semaine.Photo @ Yves Aumont

Evidement, il y aura moins de monde sur la jetée dans une semaine pour le voir partir qu’en ce dimanche 1er juillet, le grand dimanche du départ. Normal, puisque si cet italien part finalement le samedi 7, ils seront quelques-uns alors à lui voler la vedette. Ce jour-là, en effet, d’autres gars vont mouiller le maillot pas loin d’ici, et lui sucer la roue. Le peloton et la caravane du Tour de France traverseront les Sables-d’Olonne, captant tous les regards. A chacun son tour d’être sous les feux des projecteurs.